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M

Mécanisme d’autodestruction
(ou auto-désactivation)


Photo - MineDans certains types de sous-munitions et de mines, on a intégré un mécanisme d’autodestruction. Il est conçu pour détruire la sous-munition ou la mine au cas où elle n’aurait pas fonctionné comme prévu, afin de ne pas représenter de danger pour la population civile. Malheureusement, comme cela a été le cas en 2006 au Liban, les mécanismes d’autodestruction peuvent eux-mêmes mal fonctionner et ne résolvent donc pas de manière adéquate le problème des sous-munitions non explosées.

Mine

«Les mines constituent l’une des formes de pollution les plus répandues, les plus mortelles et les plus vivaces jamais connues.» (Nations Unies, 1995)

Dans leur version la plus simple, les mines terrestres (communément appelées “mines”) sont des pièges explosifs déclenchés par les Photo - Minesvictimes elles-mêmes, la cible prévue étant une personne ou un véhicule. Une mine est composée d’une certaine quantité d’explosif contenu dans un corps (habituellement composé de métal, de plastic ou de bois) et d’un mécanisme destiné à provoquer l’explosion. Les mines sont généralement classées en deux catégories: les mines antichars/anti-véhicules et les mines antipersonnel.

Voir aussi:

Mine antipersonnel

Le Traité d’Ottawa la définit ainsi: «[…] mine conçue pour exploser du fait de la présence, de la proximité ou du contact d’une personne et destinée à mettre hors de combat, blesser ou tuer une ou plusieurs personnes.» (Article 2 al. 1)

Une mine antipersonnel est déclenchée à partir d’un poids d’environ 30kg. Elle est conçue pour tuer ou blesser l’ennemi. Il est fréquent que les victimes de mines perdent un membre ou la vue. Au niveau militaire, la mutilation des soldats adverses est délibérément voulue car un soldat blessé nécessite des soins, charge ainsi ses camarades et affecte le moral de la troupe. De par le fait qu’elles sont activées par la victime elle-même, les mines antipersonnel sont des armes complètement  aveugles  (ou  indiscriminées): elles ne distinguent pas entre un soldat et un enfant. La grande majorité des victimes de mines sont d’ailleurs des civils.

Mine anti-véhicules (ou antichar)

Photo - Danger MinesMine destinée à immobiliser ou à détruire un véhicule militaire. Ces mines peuvent être dotées d’un dispositif anti-manipulation. Le Traité d’Ottawa n’interdit pas les mines anti-véhicules et une réglementation spécifique de ces armes n’a pas (encore) pu être atteinte dans le cadre de la Convention sur Certaines Armes Classiques. Il s’agit d’armes potentiellement indiscriminées (voir mine antipersonnel) puisqu’elles peuvent être déclenchées par d’autres véhicules tels que des bus scolaires, des véhicules de maintien de la paix ou des camions.

Mine directionnelle (ou à effet dirigé)

Les mines directionnelles - également appelées mines «de type Claymore» - sont un type de mines (antipersonnel ou anti-véhicules) qui peuvent être déclenchées de deux manières : soit par  un fil sur lequel trébuche la victime (cette méthode est interdite par le Traité d’Ottawa), soit à distance, à l’aide d’une télécommande. Les mines directionnelles peuvent avoir des dénominations très variées. L’armée suisse les appelle ainsi «charges dirigées».


P

Plaidoyer (en faveur de l’interdiction des mines ou d’autres armes)

Travail politique en faveur de l’interdiction de mines antipersonnel et des armes similaires, telles que les mines anti-véhicules ou les armes à sous-munitions. Contact avec différents acteurs de la société civile, des organisations internationales et des représentants étatiques (membres du gouvernement, parlementaires, diplomates etc.) Le terme anglais «advocacy» est aussi utilisé pour caractériser ce travail politique.

Processus d’Ottawa

Processus ayant mené en 1997 à la conclusion du Traité d’Ottawa qui interdit les mines antipersonnel. Le processus d’Ottawa est souvent cité comme nouveau modèle de diplomatie multilatérale, en raison du rôle important qu’ont joué les organisations non gouvernementales réunies au sein de la Campagne Internationale pour Interdire les Mines (ICBL) dans l’adoption et la mise en œuvre du Traité. L’ICBL et ses organisations membres jouent encore aujourd’hui un rôle central dans l’application du Traité, notamment en éditant chaque année le Landmine Monitor (observatoire des mines).


R

Photo - UxoReste explosif de guerre

On appelle restes explosifs de guerre (REG) les munitions (bombes, obus, mortiers, grenades etc.) qui ont été utilisées mais qui n’ont pas explosé comme prévu. La Convention sur Certaines Armes Classiques les définit en tant que «munitions non explosées» ou aussi «explosifs abandonnés». La définition n’inclut pas les mines. Les REG peuvent avoir des effets similaires aux mines, car ils restent dangereux longtemps après la fin des conflits et explosent au contact de la victime. Les armes à sous-munitions produisent de très grands nombres de REG. 

Le protocole V de la Convention sur Certaines Armes Classiques traite des REG, mais la plupart des organisations non gouvernementales jugent qu’il ne règle pas le problème des REG de manière adéquate.


S

Sous-munition

Photo - MunitionBombe miniature renfermée dans une arme à sous-munitions.

Les sous-munitions sont conçues pour exploser à l’impact, avant ou immédiatement après le choc contre l’objectif identifié. La surface touchée peut s’étendre jusqu’à 4 terrains de foot. Les sous-munitions ont un certain taux de ratés, cela veut dire qu’un certain pourcentage des sous-munitions n’explose pas et se transforme en reste explosif de guerre, avec donc un effet similaire aux mines.


T

Taux de ratés

Le pourcentage de sous-munitions qui n’explosent pas et deviennent des restes explosifs de guerre. Pour réduire ce taux les producteurs ont conçu des mécanismes d’autodestruction. Mais comme on a pu le constater au Liban en 2006, ceux-ci ne semblent pas régler tous les problèmes des taux de ratés qui restent élevés.

Traité d’Ottawa

Le Traité d’Ottawa, dénommé officiellement ‘Convention sur l’Interdiction de l'Emploi, du Stockage, de la Production et du Transfert des Mines Antipersonnel et sur leur Destruction’, est un traité international conclu en décembre 1997 à Ottawa et qui interdit les mines antipersonnel. Il bannit l’utilisation, la production, la vente et le stockage de mines et comporte des obligations dans les domaines de l’aide aux victimes, du déminage et de la destruction des stocks de mines.

Fin 2007, le Traité d’Ottawa comptait 155 Etats-membres, ainsi que 3 pays signataires n’ayant pas encore ratifié le Traité. 40 pays n’ont pas encore adhéré à cette convention. Parmi eux, on retrouve notamment la Chine, l’Egypte, les Etats-Unis, la Finlande, l’Inde, Israël, le Pakistan et la Russie. Le Traité d’Ottawa en version PDF.


V

Photo - RamazanVictime

Au sens strict, une victime (directe) de mine est une personne qui a été impliquée dans un accident de mines. Si cette personne a survécu à une explosion de mines, et qu’elle porte des séquelles physiques et / ou psychologiques de cet accident, on utilise parfois le terme «survivant» (ou plus fréquemment le terme «survivor» en anglais). Au sens plus large, une victime (indirecte) est tout individu dont la vie est directement affectée par les mines (familles de victimes directes, communautés affectées par la présence de mines).

 

Photo - Victimes

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